Patrimoine et Histoire de Champfromier, par Ghislain LANCEL

Un poème sur Champfromier (avant 1975)

 

Jeanne Moine (mère d’Andrée Ducret), est native de Chézery. Elle fut institutrice à Champfromier de 1930 à 1935 environ, puis changea de poste, et d'horizon. Retraitée, elle revint dans ce village et y est décédée (en 1998). Douée d'une belle plume, connaissant bien le pays, on pense que c'est lors d'une activité du Club des anciens qu'elle produisit ce joli poème. Rappelons que des nuages entourant le mont du Truchet sont signe de mauvais temps. Le vétéran du village fut longtemps Octave Tournier (mort en 1980). Le meilleur ouvrier de France était Amand Camas (décédé en 2002), lequel exerçait à Monnetier. Quant à Communal c'est en janvier 1975 que la municipalité se posa la question de savoir s'il fallait démolir le four dit banal. On en déduit que ce poème fut effectivement composé avant 1975.

Le poème

L'original comporte de nombreuses copies (agrémentées de quelques variantes) dont nombre d'anciens du village conservent précieusement la leur, personnelle, avec les souvenirs d'un temps pas si révolu...

Champfromier.
Du tunnel, quand vous arrivez
A la fin de votre journée,
Brusquement vous le découvrez
Devant vous, tout illuminé.
Il monte d’étage en étage,
Un hameau à chaque virage.
Tout en bas, c’est le Pont d'Enfer.
C’est le gros quartier des affaires,
Du commerce et de l’industrie,
De la Poste, de la Mairie,
De l’école et la salle des fêtes,
Et c’est là que le car s’arrête.
Maintenant montons d’un étage,
Et là, mes amis, soyons sage :
C’est l’église, le presbytère,
Et tout au bout... le cimetière.
(Nous y reviendrons, mais partons !)
Et d’un seul élan nous montons
Rue de la Fromagerie
Aux maisons joliment fleuries.
Un saut encore : c’est le Bordaz.
Quand je suis arrivé là-bas,
« C’est un petit Nice ! » m’a-t-on dit.
Et je l’ai cru. C’est si gentil,
On y est gai, on y vit bien,
Et c’est là qu’est notre doyen.
En arrivant à Communal,
Vous trouverez le four banal,
Souvenir de jours révolus :
Ici le blé ne mûrit plus.
De là haut, comme d’un balcon,
On voit s’élargir l’horizon.
Mais retournez-vous un instant
Et regardez l’autre versant :
Ce hameau-là, c’est Monnetier.
Si je l’ai gardé bon dernier,
C’est qu’il a sa rue, son Crêtet,
Son Poizet et son Truchet,
Son meilleur ouvrier de France
Et du soleil... comme en Provence !
Mais lorsque le ciel vire au gris,
Qu’il faudrait chercher un abri,
Il nous avertit gentiment :
« Promeneur, prend un vêtement,
Voici que le temps tourne au frais,
Le Truchet a mis son bonnet ».

 

 

Publication : Ghislain Lancel. Remerciements : Mme Andrée Ducret, Famille Ducret-Meunier.

Première publication le 3 février 2016. Dernière mise à jour de cette page, Idem.

 

<< Retour : Arts et lettres, accueil