Patrimoine et Histoire de Champfromier, par Ghislain LANCEL

Tableaux de chasse en 1929 et en 1930

 

Les archives de L'Avenir Régional des années 1920/30 témoignent de tableaux de chasse, assez surprenants...

Le tableau de la Société de chasse en 1929

En 1923 existait déjà une société de chasse à Champfromier (dont le président était un Coutier). Cette activité, en association règlementée, semble avoir privilégié une alternative à l'omniprésente société de Tir au fusil de guerre Lebel, association qui était très active depuis la Première guerre mondiale. La société de chasse mettait en avant la destruction des animaux considérés à l'époque comme nuisibles. Quelques années plus tard, elle exhibait dans la presse ses performances. Ainsi, le 7 février 1929, ne lisait-on pas dans l'Avenir Régional, que le dimanche suivant 10 février "les disciples de St-Hubert se réuniront en assemblée générale, à la salle de la mairie, à 11 heures du matin, pour le compte-rendu financier de 1928. A midi précises, banquet à l'hôtel du Commerce, sous la présidence de Gros Jules et de Gustave, vice-président.

A 14 heures, compte-rendu historique de la campagne de chasse, qui promet d'être intéressant, vu le grand nombre de pièces de gibier inscrites à l'effectif de la Société pour l'année écoulée. Citons quelques chiffres : 44 lièvres, 25 renards, 3 martres, 1 fouine, 2 blaireaux, 1 coq de bruyère, et un grand nombre de gelinottes, perdrix, pigeons, etc., sans compter encore plusieurs belle pièces inscrites au tableau." L'article de presse se poursuit en signalant le bal des danseurs à 16 heures (danses anciennes, orchestre ancien), avant que "A 20 heures, chacun reprendra sa liberté d'action pour la chasse aux animaux nuisibles."

Le tableau de chasse de Marius Grenard, 1930

L'année suivante, le 20 novembre 1930, le même hébdomadaire (on disait à l'époque le journal) témoigne du tableau de chasse de l'un des chasseurs : "Un disciple de St-Hubert. - Parmi les nombreux chasseurs de notre vaste commune, il en est un qui, tout particulièrement, mérité d'être signalé. Ce n'est pas Marius de Marseille, mais c'est bien Marius, électricien à l'usine Sous-Roche [Marius Grenard], qui a, pour cette année, pas mal de gibier à son actif, savoir : 5 lièvres, 1 coq de bruyère, 4 gelinottes, 22 écureuils, 9 renards, 1 blaireau, 1 loutre. Nous ne savons que le féliciter pour la destruction des renards qui causent tant de ravages au pays."

Il y a bien longtemps qu'il n'y a plus de loutres à Champfromier ! L'usine hydrauélectrique de Sous-Roche étant placée sur la Valserine, notre Marius avait donc certainement eu tout loisir d'observer la loutre citée dans le tableau de chasse. Grande consommatrice de poissons, elle était donc évidemment mise à l'index des pêcheurs, aussi nombreux que les chasseurs.

L'on peut être étonné de ne compter aucun chamois, chevreuil ou sanglier aux tableaux de chasse précédents. Pour le sanglier, l'on sait qu'il ne s'est fixé dans notre territoire que récemment. Auparavant la presse ne le signalait qu'épisodiquement. En 1931, on commence à ressentir son effet indésirable pour les cultures, ainsi qu'en témoigne l'article publié le même jour, immédiatement à la suite de celui de Marius : "Les Sangliers. - Des sangliers ont été signalés dans notre commune, au-dessous de la forêt de Monnetier. Il serait à souhaiter que nos chasseurs fassent leur possible pour nous débarrasser de ces hôtes indésirables."

 

Remerciements : La Tribune, archives de l'Avenir Régional.

Dernière mise à jour de cette page, le 22 janvier 2009.

 

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