| Patrimoine et Histoire de Champfromier, par Ghislain LANCEL |
Connaître la population de Châtillon-de-Michaille (Ain) depuis 1841, tardif premier recensement de population archivé pour cette commune, jusqu'au milieu du XXe siècle ne devrait pas être difficile. Encore faut-il s'assurer que le territoire concerné est le même, ce que ne font pas toujours certains sites ... Rappelons que la commune de Châtillon-de-Michaille prend le nom de Châtillon-en-Michaille le 22 octobre 1973, puis fusionne avec Ochiaz et Vouvray, le 1er novembre 1973. Valserhône est créée le 1er janvier 2019, par la fusion de trois communes : Bellegarde‑sur‑Valserine, Châtillon‑en‑Michaille et Lancrans.
Pour le début du XIXe siècle, on relève que la population de Châtillon serait de 1088 individus en 1806 [Tardy, Bellegarde, T. 4, p. 22].
Pour les années antérieures il faut s'en remettre à quelques rares données. Châtillon comportait 200 personnes en 1666 [déclaration des communautés par devant la chambre des comptes de Dijon], et 96 feux en 1788 (le feu, foyer fiscal, comportait en moyenne de 3 à 5 personnes) [Arch. privées Lacroix]. La population du seul hameau d'Ardon était de 20 feux en 1802 [Dossier Famy, vue 26].
Pour les années 1686 à 1786, si l'on ne connaît pas les effectifs totaux de la population on sait du moins, par 18 rôles de tailles relevés, qu'il y eut peu de variation entre 1686 et 1763, le nombre des imposés (assimilable au nombre de feux des plus aisés) restant toujours dans la même fourchette de 88 à 118, avant de monter à 159/160 dans les années 1781-1786 [En préparation].
Les effectifs détaillés seront donnés avec les fichiers (25.501 fiches individuelles) et les commentaires des 24 recensements dépouillés par PHC [En préparation].

Durant un siècle, depuis le recensement de 1841, on note une baisse régulière de la population en tous lieux de la commune, toutefois moins accentuée au hameau d'Ardon. En 1851, déjà, le maire notait, "pour l'absence d'augmentation" : "c'est qu'il n'existe aucune industrie manufacturière dans la commune, et que beaucoup de jeunes gens et jeunes filles la quitte soit pour le service militaire, soit pour la ville". Plus tard, la baisse générale de la natalité, le désintérêt continu pour l'agriculture, l'attrait des emplois accompagnant le développement industriel de Bellegarde et vers d'autres villes, la perte des emplois et des services administratifs causés par le transfert du chef-lieu de canton à Bellegarde le 7 août 1913, et les deux guerres mondiales, contribuèrent à dépeupler la commune. Sans bouleversement dans les débouchés sur place, le rebond observé à partir de 1960 coïncide avec la création des trois lotissements (Clos Vernay, Pâquerettes, Châtelard) et pour partie à des emplois à proximité ou de frontaliers avec la Suisse.
Publication : Ghislain Lancel.
Première publication le 18/03/2026. Dernière mise à jour de cette page, idem.