| Patrimoine et Histoire de Champfromier, par Ghislain LANCEL |
Une lettre du préfet en date du 19 janvier 1850, atteste indirectement son existence, par une réponse (négative) à la demande d'objets qui manquent en ce lieu, des objets d'habillement et de la literie. Le préfet répond que "les dépôts de sûreté sont les annexes indispensables des justices de paix et ont une double destination. On y enferme, premièrement les habitants des diverses communes composant la circonscription de la justice de paix et tous autres individus arrêtés pour de légers délits, et deuxièmement, passagèrement, les condamnés criminellement que l'on transfère d'un lieu à un autre. La dépense du département ne s'étend pas au-delà de la fourniture de la paille nécessaire pour le coucher des prisonniers, et de la ration de pain à laquelle ils ont droit". Le reste est à la charge des communes [Relevés Marie-Josèphe Famy].
On présume qu'après la Révolution, Châtillon-de-Michaille ayant été promu chef-lieu de canton, eut aussi à en assumer les désagréments, et en particulier celui d'avoir une prison. Celle aux graffitis est une petite pièce du rez-de-chaussée, à gauche en entrant dans l'ancienne mairie. Cette mairie fut construite en 1839, et, étant couverte en tuiles, elle ne brûla pas lors de l'incendie du village de 1870.
Les murs sont recouverts du sol au plafond de graffitis les plus divers, se chevauchant parfois, et difficiles à déchiffrer. Il est du moins certain, bien qu'aucune source d'archivage connue n'en fasse jamais mention, que ces détenus furent nombreux, et peu instruits.

Les dates attestées vont de "oquetobre" 1857 à 1872. Les noms de famille, prénoms ou surnoms lisiblement gravés sont Desbois Joseph, Dévigne, Ducret, Enrico, Martin Alfred (?) et Morel, les nombreux autres étant plus difficiles à déchiffrer. Les marques géométriques ou dessins se superposent aux autres inscriptions, parfois bien compréhensibles comme ces croix alignées pour compter les jours, tandis que d'autres représentent, l'un un homme à la pipe, et d'autres des individu qui semblent nus et debout avec des activités qu'on ne précisera pas..., le tout voisinant avec une montgolfière (avec l'idée de s'évader ?), et des vases de fleurs !
Publication : Ghislain Lancel. Clichés Ghislain Lancel (3 mars 2011)
Première publication le 22 avril 2025. Dernière mise à jour de cette page, idem.