| Patrimoine et Histoire de Champfromier, par Ghislain LANCEL |
Les archives d'Annecy détienne une enveloppe ne contenant qu’une feuille double. Toutefois ce manuscrit est précieux pour comporter les copies de 4 actes de procédure contre le Sieur Rerly, reprenant les diverses étapes depuis l'achat de coupes de bois et l'autorisation de l'implantation de la verrerie du Nant Sec à Chézery en 1770 jusqu'à la revente rapide en 1772 et une requête en 1776 auprès des Eaux et Forêts par les vendeurs des coupes de bois.
Le 6 août 1770, Claude et Bernard Pillard (de la Combe d'Evuaz), vendent (1000 livres) une coupe de bois à Chézery, au Nan Sec, au verrier Rerly. Ily est mentionné que le 22 août 1770, Rerly fonde une société avec deux frères Masson. Ils revendent le tout à l’avocat Girod de Gex, à charge pour lui de payer un reliquat de dettes de plus de 7600 livres, le 26 avril 1772. En 1776, les frères Pillard portent plainte contre le Sr Rerly, pour coupes illégales d’arbres. A signaler qu’en 1777, on retrouvera le même Sr Victor Rerly, avec d’autres associés, dans une autre verrerie à Chézery, au Crêt.
1) Vente, le 6 août 1770, par des Pillard de Champfromier à Victor Rerly et consorts d’une coupe de bois au Nant Sec, à Chézery, avec autorisation de construire les édifices nécessaires pour une verrerie.
"Le 6 août 1770, ont comparu Claude [1651] et Bernard [1776] Pilliard, journaliers à Evuaz, paroisse de Champfromier, lesquels ont reconnu avoir vendu à Jacque-Marie Masson, natif d’Annecy, habitant à Terny, et à Sr Victor Rerly originaire de Sale en Basse Alsace, diocèse de Strasbourg, à savoir la coupe de tous les bois fayards qui appartiennent auxdits Pilliard rière Chézery, au lieu appelé Le NanSec, qui se confine aux Rochers des Esclopin et à la place où Joseph Blanc a fait fabriquer du charbon et qui appartient aux vendeurs du levant et partie du couchant, un sentier tendant de la grange du Nansec aux teppes aussi du couchant, une cruse soit ruisseau qui (venant) de la maison en ligne directe jusqu’au fond de Joseph Blanc, qui sont aussi en partie du levant du côté de bise, le fond des hoirs Mr de Belmond du côté du vent, le tout à forme des limites que les parties y ont placées le jour d’hier, en présence de Guillaume Juilland de Chézery originaire de Lélex et d’Estienne et Claude Collet, en suivant la tranchée qui est faite au bas des teppes en ligne directe par une cruse qui va aboutir au coin du rocher des Eclapins, (...), et c’est pour 12 ans, à commencer dès aujourd’hui (...) ; sera permis aux acquéreurs de construire au pied du bois et dans le canton le plus commode les édifices nécessaires pour une verrerie (…), d’y former un petit jardin potager, pendant l’espace de 18 ans au cas qu’ils viennent à consommer d’autres bois, ladite vente faite moyennant la somme de 1000 livres. Fait à Châtillon, dans la maison du sieur Crochet, en présence de Pierre-Joseph Benoit d’Avigny, pays d’Aineaud, bailliage d’Auvergne, et de Sr Jean-François Crochet, praticien dudit Châtillon (...) Signé (...)"
[Pour info, le 27 septembre 1770, Joseph Bonneville, âgé de 20 ans, fils de Louis et natif des Moussières, meurt à Chézery "malheureusement tué par un arbre en travaillant à la verrerie de Trois (Très) les Etraits"].
2) Revente, le 26 avril 1772, par Victor Rerly, directeur de la verrerie de Chézery, à un avocat de Gex, des bâtiments, fours et fourneaux de la verrerie située dans la montagne de Chézery, à l’extrémité d’un ruisseau appelé Nan Sec.
"Le 26 avril 1772 fut présent Sr Victor Rerly, directeur de la verrerie de Chézery, y demeurant, lequel déclare avoir vendu et vend à Me Pierre Girod, avocat, procureur du Roi en la maréchaussée de Gex, y demeurant, le tout à lui appartenant, des bâtiments, fours et fourneaux de la verrerie située dans la montagne de Chézery, à l’extrémité d’un ruisseau appelé Nan Sec, dont le vendeur a formé l’établissement de société avec le Sr Jacques-Marie et François Masson, d’Annecy en Savoye, conformément au traité fait entre eux devant Genolin notaire à Châtillon le 22 août 1770, (...) plus le tiers des cruches, ustensiles, outils et matières servant à la dite verrerie et des ouvrages qui se sont trouvés fabriqués au 30 novembre dernier de la cession que lesdits Masson ont fait audit Sr Girod des deux autres tiers (...) ; Troisièmement, le tiers aussi d’une forêt de bois de hêtre que lesdits sieurs Rerly et Masson ont acquise et dans laquelle ladite verrerie est placée ; enfin, les Sr Rerly cède la généralité des droits (...), à la charge de, premièrement, la somme de 1420 livres 19 sols 6 deniers, faisant le tiers de celle de 4262 livres 19 sols 6 deniers à laquelle montent les dettes de ladite société (...) ; deuxièmement de payer encore, soit aux religieux de l’abbaye de Chézery soit aux nommés Claude et Bernard Pilliard demeurant audit lieu de Chézery, la somme de 1133 livres 6 sols 8 deniers, faisant le tiers de celle de 3400 livres qui est due auxdits Sieurs Rerly et associés pour le prix de ladite forêt (...)
Fait à Gex, dans la maison de Me Fabry, écuyer…"
[Pour info, le 11 août 1774 naît à Chézery Marie-Reine, fille de Sr Jean Chatelain, Me fondeur (qui signe), et de Reine Defrance. Les parrain et marraine sont Jean-Baptiste Moroz, maître verrier et Marie Mathis].
[Pour info, le 11 juillet 1775, est décédé à Chézery Samuel Criner, natif de la Basse Alsace, diocèse de Strasbourg, ouvrier à la verrerie de Chézery].
3) Requête (peu avant le 5 octobre 1776) auprès des Eaux et Forêts, par les Pillard contre Rerly, pour des sapins coupés sans se conformer à la réglementation.
"A Monsieur le Maître en la Maîtrise des Eaux et Forêts de Bresse, Bugey, Valromey et Gex, supplie humblement Claude Pilliard, marchand demeurant à la Combe d'Evuaz, paroisse de Champfromier, et dit que par acte reçu Genolin le 6 août 1770, il vendit à Sr Victor Rerly, originaire de Sale en Basse-Alsace, (…) il vendit la coupe de tous les arbres fayards situés rière Chézery, et confiné au Rocher des Eclapin, (…) par acte du 26 avril 1772, (et que) le Sr Girod ou ses préposés ne se sont pas conformé à l’ordonnance des Eaux et Forêts de 1669 (de laisser quelques baliveaux par arpent) et ont aussi coupé plusieurs sapins, et vous prie de vous transporter sur les lieux et dresser procès-verbal (et faire justice…)"
4) Exploit de huissier, du 5 octobre 1776, au sieur Rerly.
"Le 5 octobre 1776, à la requête de Claude Pilliard, et de son frère, moi huissier me suis transporté à cheval au village de Chézery distant de 12 lieues, au domicile de Sr Victor Rerly, maître verrier audit lieu, lui ai signifié et donné à comparaître (…) [Signé : Guilland]".
Source : AD74, 1J617 (feuille double).
Publication : Ghislain Lancel.
Première publication le 7 octobre 2018. Dernière mise à jour de cette page, idem.