| Patrimoine et Histoire de Champfromier, par Ghislain LANCEL |
"La cure" encore visible de nos jours, est la dénomination attribuée à l'ancien Ermitage des Clarisses, bâtiment construit en 1842 pour y servir de marie et école des garçons, rénové et transformé en nouveau presbytère en 1893 (suite à la création du groupe scolaire de la mairie), vendu en 2014. Le presbytère ancien, donné pour dater du XIIIe siècle (voir en 1893), se trouvait un peu en retrait (à l'emplacement du jardin). Il avait été reconstruit aux frais des habitants en 1754 et fut démoli lors du transfert de presbytère de 1893.

On en sait peu sur le presbytère primitif sauf qu'il daterait du XIIIe sicèle (voir l'adjudication des travaux en 1893), et qu'au hasard d'une note concernant les aménagements de 1896, qu'il avait été incendié en 1432 et en 1536 ! L'abbé Genolin fournit quelques renseignements d'archives, comme l'inventaire de la cure en 1443, et une anecdote, celle du loup qui déterrait les cadavres, surveillé depuis le presbytère, durant l'hiver 1463/64, par la sœur du curé de Champfromier qui, dit-il "veillait à une certaine fenêtre de la cure, montant la garde à cause du loup qui avait coutume de venir la nuit manger les cadavres dans le cimetière du dit lieu". [Genolin, Histoire de Champfromier, p. 28, 41].
Par la suite, les siècles passent... Le presbytère est témoin des méfaits de l'histoire, comme en 1634 avec les francs-comtois qui emportent tout ce qu'ils trouvent à la cure avant de mettre le feu à Monnetier. Quant à la petite histoire, nul doute que de nombreux arrangements de mariages et des contrats privés ont pris corps en cette digne maison et y furent convenus ou signés, comme l'acquisition des moulins par les Ducret en 1658, par acte passé "devant" la cure de Champfromier. Devant, et non dans, on ne mélange pas la religion et les affaires ! [Mss 29] (par contre, la fondation de la chapelle St-Julien est elle bien passée au presbytère en 1728). En juin 1706, Jean-François Rollet, prêtre succédant à son oncle depuis six mois, fait réparer le presbytère, qu'il désigne comme menaçant ruine, et des bâtiments pour les bestiaux, à la charge des habitants, qui s'y engagent... [3E17442, f° 112v (13 juin 1706)].
Mais dès la fin des années 1740, les paroissiens des villages voisins commencent à faire mieux que dans notre paroisse et donnent l'exemple en entretenant les locaux ou même en refaisant une cure à neuf ! Est-ce alors la jalousie qui justifie que ces faits soient aussi mentionnés dans les registres paroissiaux de Champfromier ? On relève en tous cas : "L’an 1748 fut faitte la petite chambre de la cure de Giron, aux frais des habitans. L’an 1749 a été refaitte à neuf la cure de Belleydoux, aux frais des habitans". [Web BMS 1747/51, p. 21g].
A Champfromier, l'heure n'est pas encore (re)venue, et le curé prépare donc le terrain, à ses frais ! " L’an 1742, j’ai fais la grande cave qui m’a coûté septante-cinq [75] livres. L’on a sorti 60 charrées de terre. J’ai fais raccommoder le lavoir, la tonne où j’ay fais mettre une table. j’ay fais descendre le grenier qui est dans la chambre du valet" [Web BMS 1742/46, p. 3d]. "L’an 1743, j’ay fais blanchir la sale de la cure" [Web BMS 1742/46, p. 4g]. "L’an 1752, j’ay fait couvrier [recouvrir] le gros murgier du pré du Moüillet de terres, qui m’a coûté 10 l(livres)". Un peu mégalo le curé ? C'est ce que laisseront penser ses commentaires ultérieurs, et que déjà suggère cette note intercalée, écrite d'une autre main : "Mensonge impardonnable" ! [Web BMS 1747/51, p. 21g].
Deux documents d'archives conservés à Dijon nous apprennent que le curé Humbert, après avoir fait enregistrer par acte notarié que les habitants de Champfromier s'engagaient à réparer la maison presbytérale, et avoir constaté... qu'ils n'en faisaient rien, n'hésite pas à écrire à l'Intendant de Bourgogne et Bugey, pour qu'il fasse ordonner les réparations et une imposition, un sol par livre de taille. Et satisfaction lui est donnée, le 9 juin 1751, avec la demande de convocation officielle des syndics et même du Sieur Claude Marion, bourgeois de Marnod (Châtillon-en-Michaille), en tant que représentant des forains (ayant des biens à Champfromier sans y habiter), choix qui étonne d'ailleurs car Marion n'est ni cité dans les rôles de taille, ni comme l'un des sept privilégiés des grands domaines de la Combe d'Evuaz... [AD21, C1870].
Le devis, daté du 24 mars 1752, reconnaît de sérieuses réparations nécessaires aux murs de la grange dîmale (300 livres à la charge des décimateurs), au mur extérieur de la cure (et deux chambres hautes qui semblent être localisées dans la grange) pour 250 livres à la charge de la communauté, tous les planchers, deux portes et des éléments de charpente à l'intérieur de la cure, 260 livres aussi à la charge de la communauté, enfin au bûcher, 50 livres à la charge du curé [AD21, C1870].
En 1754, le presbytère de Champfromier est effectivement restauré, aux frais des habitants de Champfromier, et de ce ceux, dits forains, y ayant des biens sans y habiter. Dans le même temps la grange dîmales attenante, avec une aire de battage, est aussi restaurée, mais cette fois aux frais du curé, selon ses raccourcis tendancieux habituels, ainsi qu'il l'exprime en bas de page d'un registre paroissial : "En 1754 fut rebâtie [sic] la cure de Champfromier, par ordre de l’intendant [sic], la maison presbitérale aux frais des habitans et bien tenans forins pour 390 l(ivres), la grange à batre, la muraille du couchant et de bise [ouest et nord], à mes dépens [mais étant l'un des décimateurs, il en recevait aussi les dividendes...], avec le couvert du pavillon." [Web, BMS 1752/56, p. 10 – Cité par Debombourg, Champfromier, p. 37].
Le curé Humbert, a maintenant un bon logement, mais il y manque encore des vitres... (et les cadres des fenêtres...) Il fait donc à nouveau savoir que c'est lui-même qui a payé de sa poche, et même qu'il a donné la nourriture ce jour là à ceux qui posèrent ces vitres et cadres... : "L’an 1757, j’ay fais vitrer les fenêtres de la chambre de dessus le poële, qui ont coûtés, tant quadres [sic] que vitres, 6 l(ivres), et la nourriture" [Web, BMS 1757/61, p. 5g].
La Révolution porte un coup fatal au presbytère. Vers 1793/94, sur ordre du département de l'Ain, Jean-Baptiste Delaville, homme de loi de Montanges, évalue les revenus annuels des ci-devant presbytère et jardin de Champfromier, canton de Châtillon-de-Michaille, à 60 et 10 francs [Mss 159].
Dans les années qui suivent, l'accès au presbytère n'en est toutefois pas interdit. Le notaire Baudain de Châtillon vient ainsi jusqu'à Champfromier pour la vente d'une chènevière à Champ-Brun, et rédige l'acte à Champfromier, "dans une des chambres de la maison du ci-devant presbytère, le 15 fructidor an VI (1 er septembre 1798)" [3 E14415, an 6, n° 6].
Le presbytère est vendu par adjudication à Jean-Baptiste-Marie Cochet, homme de loi demeurant à Bourg, avec procès verbal de l’administration centrale du département de l’Ain, du premier Prairial an VII [20 mai 1799]. L'abbé Genolin témoigne de la triste époque qui s'ensuivit. La cure avait été transformée en auberge et sa salle à manger était devenue un cabaret. Pire il s'y commit un crime horrible, celui dont fut victime le dénommé le Rouge, que sa femme remariée croyait mort aux armées, et que l'on tua à coups de barre de fer après l'avoir enivré... [Hist. de Champfromier, p. 148].
En mai 1803, Claude-Charles Bornet, maire et huissier public, poursuit son œuvre de réhabilitation des édifices religieux de Champfromier et est même mandaté pour le rachat du presbytère [RD07, f° 26v]. Mais, probablement faute de ressources, ce sera en fait un collectif de sept citoyens des principaux propriétaires de tout Champfromier (dont lui-même) qui le rachètent pour la somme de 900 francs [3E 14376, Acte 20 du 10 vendémiaire an XII (3 octobre 1803)]. Probablement déçu, le maire démissionne ensuite. Dès le 5 février 1804 les réunions municipales se tiendront donc au presbytère, faisant office de maison communale, mais son rachat par la municipalité aux sept zélés acheteurs, craignant que la vente ne leur échappe avant que la commune n'ait obtenu les autorisations, ne sera évoqué qu'en octobre 1804, toujours à la recherche d'un financement acceptable [RD07, f° 37v]. Cinq ans plus tard, le 23 juin 1808, ce n'est pas encore fait. Pourtant le maire insiste, d'autant plus que si cette bâtisse pourrait loger le curé, elle pourrait aussi servir à l'établissement d'une maison commune, autant dire d'une mairie... [RD07, f° 57]. Le 6 août 1609, le maire sera enfin autorisé à faire une coupe de 1600 pieds de sapins dans la réserve communale – une coupe déjà considérable... – afin de financer l'acquisition de l'ancienne cure [RD07, f° 59]. Mais une nouvelle déconvenue se prépare. Le 10 décembre 1812, le maire expose que l'abbé Colliex (ancien curé de Champfromier mandaté par les sept acquéreurs) a consenti à vendre le presbytère à la commune (au prix maintenant estimé de 2500 francs par les experts, plus 1022 francs de travaux réparations), et que Sa Majesté qui avait autorisé l'achat a disposé des fonds..., et c'est pourquoi, vu l'urgence, la municipalité sollicite l'autorisation d'une imposition extraordinaire sur quatre années... [RD07, f° 66]. On ne connaît pas la date exacte du rachat, mais c'était fait à la fameuse déclaration "Vive le Roi" du maire (Nicolas Ducret) le 20 avril 1814 [RD07, f° 68].
L'abbé Genolin, dans son livre sur Champfromier donne quelques compléments. Il mentionne l'abbé Colliex, curé de cette fin d'époque troublée, qui, malgré une "école presbytérale où plusieurs enfants de Champfromier vinrent se préparer, par l'étude du latin, à la belle vocation du sacerdoce" n'avait pas obtenu que le presbytère soit racheté. Il note aussi que"dans ce but [restaurer le presbytère], le conseil municipal avait vendu pour 3.000 fr. de bois. Mais l'empereur [Napoléon] s'empara de la somme qu'il employa à la campagne de Russie, campagne malheureuse où vingt soldats originaires de Champfromier trouvèrent la mort" [Mairie, Registre des naissances, année 1812, pp. 11v-12 -- Hist. de Champfromier, pp. 184, 194].
L'église aussi avait beaucoup souffert de la Révolution, il fut même prudent de la démolir. Le projet en 1820 de reconstruction de l'église prévoit de remplir le grenier du presbytère d'éléments de l'ancienne église, notamment les vitrages et autres menus objets portatifs. Et les tufs devant resservir seront eux transportés dans la cour du presbytère. Le 4 octobre 1827, jour de la consécration de la nouvelle église, c'est évidemment au presbytère que Mgr Alexandre Rémond Devie, Evêque de Belley dîne en compagnie de Mr. le Sous-préfet.
En ce début du XIXe siècle, il n'y a plus de changements notables concernant le presbytère.

Les plans napoléoniens de 1833 montrent l'église et le presbytère (dit du XIIIe siècle), situés au quartier dit "Le Bachat", et avec pour seul voisinage trois maisons éloignées (de ce côté du plan et du chemin) ! Le chemin de la chapelle, lui, passe alors par la gauche de l'église et du cimetière (et non à droite comme actuellement). Le presbytère est facilement reconnaissable, avec son petit bûcher voisin. Comme on le verra sur le plan de 1893 (voir ci-dessous), une pièce à l'avant semble déjà réservée à l'école. L'état des section donne des précisions : les bâtiments sont construits sur la parcelle D 73 qui est d'une superficie de 450 mètres-carrés (contre 1850 pour le cimetière et l'église, D74-75). Le jardin de la cure est la parcelle D71 (hachures bleues horizontales) d'une contenance de 640 mètres-carrés. Ces parcelles ne sont pas imposables (ce sont les seules à en bénéficier, avec naturellement les chemins, place et rivières !) Les parcelles qui entourent ces lieux (comme celle où se trouve sur le plan la syllabe "chat" de Bachat, emplacement de la cure actuelle) appartiennent à des particuliers.
Ainsi qu'en témoigne une plaque scellée au mur pignon du grenier de l'actuelle cure (Ermitage des Clarisses), celle-ci succéda à la mairie-école des garçons, construite en 1842, du temps de Martin Coudurier, maire.

L'ancienne mairie-école de garçons fut : "Transformée en Presbytère en 1892 et 1893. Curé : Musy François ; Maires : Berrod Jules et Coutier Maxime ; Adjoints : Evrard Antonin et Guichon Amand ; Conseillers municipaux : Drizet Joseph, Ducret Claude [dit] César, Ducret Emile, Ducret Jean [dit] Chevron, Tournier Jean, Grenard Clovis, Tournier Alfred, Ducret Joseph-Xavier ; Architecte : Tournier Narcisse ; Entrepreneur : Reygrobelet André ; Peintre décorateur : Edouard Mainini."
La municipalité avai fixé au dimanche 16 juillet 1893, le jour de l'adjudication au rabais des travaux se montant à 2.600 francs, consistant en "1. Démolition de l'ancien presbytère du XIIIe siècle ; 2. Réparation et construction de murs d'enceinte du presbytère et du cimetière". Narcisse Tournier, auteur des projets, architecte à Champfromier [L'Abeille, du 02/07/1893].
Le plan (ci-dessous), "Murs de clôture à construire", daté de 1893, nous fait facilement comprendre l'ancienne disposition (la rue actuelle étant en bas). En bleu (murs à démolir) sont figurés les locaux aujourd'hui détruits : "Ancien presbytère" (rectangle central) et "Ancienne salle d'école des filles" (carré attenant). En bas du plan à droite se trouvait la "Cour" tandis qu'à gauche est mentionné "Ancien jardin de l'instituteur". Au fond est le "Jardin du presbytère". Au niveau de la rue, à gauche est le "Nouveau Presbytère" et à droite la "Salle de Pompes" (ancien local du corbillard, devenu local d'accueil). Les traits en rose reliant ces bâtiments sont les "Murs à construire" et ceux en orange, à conserver.

La mairie et le nouveau groupe scolaire du Pont d'Enfer, inaugué le 2 juin 1889, avaient laissé vides les anciennes écoles de garçons et des filles qui voisinaient le presbytère. Ce fut une aubaine pour l'abbé Mussy (prêtre de Champfromier de 1876 à 1894), lui qui se plaignait depuis bien des années de son vieux presbytère délabré.
En 1835 des réparations avaient été demandées. En 1872, les agents voyers reconnaissaient les dégâts causés au presbytère par les eaux du chemin vicinal. Le 27 janvier 1877, M. Musy, curé, avec une pointe d'humour et d'ironie, écrit à M. le maire :
"L'empressement, que vous et le Conseil Municipal avez mis à faire les premières réparations du presbytère adoucit en moi la répugnance naturelle que j'éprouve à demander d'un autre côté, comme vous auriez droit de me blâmer si, par mon incurie un bâtiment communal venait à se détériorer, je vous prie de vouloir bien communiquer au Conseil les trois questions suivantes : 1. [... (faire élever un petit monument sur la tombe de M. Perrier, ancien curé de Champfromier)] ; 2. Presbytère. Le presbytère de Champfromier est agréablement situé et bien distribué. Si l'on excepte le plancher de la chambre du vicaire et quelques menus détails de tapisserie, les appartements sont convenables. Mais il y a deux vices principaux qui rendent nuisible le séjour de la cure. 1° Le premier de ces vices vient de l'état des cheminées. On ne peut faire de feu au rez-de-chaussée sans que le premier étage ne soit rempli de fumée. On ne peut faire de feu au premier étage sans que la colonne de fumée ne dégorge immédiatement dans la chambre. La vétusté a lézardé les cheminées de bas en haut ; ma chambre en offre un spécimen [...] La sécurité publique réclame des réparations immédiates. Je passe sous silence les fatigues que cet état de choses m'a fait éprouver cet hiver, ainsi que les dégâts occasionnés à mon mobilier. 2° Si l'hiver est pénible au presbytère, l'été ne l'est pas moins. L'abscence de fosse d'aisance rend la cure très insalubre [...]. Il me resterait à parler du bûcher. L'état de délabrement où il se trouve parle assez par lui-même. Tel est, en quelques mots, l'état du presbytère. Connaissant les charges de la commune, j'eusse désiré ne pas les aggraver. Mais comme locataire, je suis obligé de prévenir. En second lieu, la paroisse de Champfromier aime trop le prêtre pour ne pas lui donner un logement convenable. Aussi est-ce avec une entière confiance que j'abandonne les réflexions à la sagesse de Messieurs les membres du Conseil Municipal [3. Bannière ...]" [AC, carton M16].
En 1877, on trouve un devis de travaux à exécuter à la cure (5 cheminées en tuf à démolir au rez-de-chaussée, à l’étage et au faitage, puis à reconstruire, des papiers peint à choisir par M. le curé Musy, etc. Coût : 2125,69 francs). Mais c'est un devis sans suite, et les plaintes se poursuivent. En 1879, on note qu'un hangar avait été annexé au presbytère "à l’emplacement du bûcher et du four actuels qui sont complètement en ruine" ! Le 10 février 1880, il est réalisé en urgence un mur de soutènement du jardin de la cure... [AC, Carton d'archivage M 16].
Le premier juillet 1892, enfin, il est envisagé d'abandonner le vieux presbytère et d'aménager l'école devenue vacante. Un devis détaillé rappelle que "Le presbytère actuel, construit depuis plusieurs siècles, a été incendié en 1432 et en 1536. Les murs sont calcinés et fendus en plusieurs endroits et menacent de s’écrouler. La toiture en bardeaux est complètement usée ; la charpente est vermoulue et pourrie, et l’intérieur est dans un tel délabrement qu’il n’est plus possible d’y faire aucune réparation utile. L’ancienne maison d’école des garçons devenue vacante depuis la construction d’un groupe scolaire, convient sous tous les rapports pour un presbytère. Elle a été construite en 1840 ; les murs, la charpente, les portes et les fenêtres sont en bon état." Il est ensuite précisé qu’il faudra ouvrir 5 portes (3 au rez-de-chaussée et 2 aux caves), que la grande salle d’école sera divisée en deux, qu'il y aura 4 chambres à l’étage, un bûcher et un séchoir à linge dans les combles, le tout avec deux caves en sous-sol et un escalier de 8 marches vers les jardins. "La pierre de taille des portes, les marches d’escalier et les cheminées en marbre seront prises à l’ancien presbytère", et les vieux planchers récupérés. Accord est donné, vu par Berrod, maire, et N(arcisse) Tournier architecte géomètre expert, le tout montant à 3700 francs. Vu et approuvé par le préfet le 10 août 1892. Le sous-préfet donne aussi son accord, et précise une fois encore, que c'est pour la transformation de l’ancienne école de garçons en presbytère, qui servira de logement au desservant, tandis que le presbytère actuel sera démoli, sauf le bûcher, pour y remiser la pompe à incendie (15 août 1892). Tout arrive à qui sait attendre. En 1893, on construit même une marquise pour couvrir l’escalier et les cabinets [AC, Carton d'archivage M 16].
On sait que les travaux furent terminés en 1893. Mieux, de nouveaux aménagements sont encore réalisés quelques années plus tard : chapiteaux pour le portail du presbytère (et la fontaine du Bordaz), le 5 mai 1895. Et enfin, le 8 février 1896, des travaux pour un montant de 851,65 francs (murs, crépissage, etc.) [AC, Carton d'archivage M 16].
La nouvelle cure hébergera dès lors les curés de Champfromier dans des conditions décentes, et même agréables. Ce bâtiment, après avoir été l'école communale des garçons dès 1842, sera celui de l'école du catéchisme à partir de 1893. Ce lieu, qui appartient aux champfromérands, laissera encore de nombreux souvenirs dans la vie de leurs ancêtres, ne citons pour exemples que les répétitions et spectacles de théâtre à l'actif de l'abbé Pochet (curé de 1925 à 1956), ou dans un tout ordre d'idée ce prêtre dont la literie et celle de sa gouvernante n'était mise à s'aérer chaque jour que sur le rebord d'une unique fenêtre..., offusquant les vieilles filles du village : il fut muté dans un village voisin, où ils reprirent tranquillement leur vie commune... Dramatique pour les archives de la paroisse, citons malheureusement aussi ce prêtre qui fit brûler récemment dans le jardin de la cure toutes les archives manuscrites, et qu'ainsi partirent en fumée l'état des âmes de la paroisse de 1774, les listes des rôles des bancs de l'église et des diverses confréries, et toutes les archives de la fabrique...
L'abbé Bruchon, prêtre de Champfromier de 1978 à 1987 fut le dernier à avoir eu son logement à la cure. Avant que d'autres prêtres ne reviennent habiter Champfromier, il s'écoula quelques dizaines d'années où les abbés furent résidents d'autres villages. Parallèlement la municipalité envisagea alors de restaurer ce bâtiment communal en appartements à loyers locatifs. Mais le projet fut abandonné et depuis 1989, la cure est devenue le Monastère-Ermitage des Clarisses de Champfromier, sœurs contemplatives d'un rameau rattaché à celui de Sion.
Publication et crédit photographique (18/02/2009) : Ghislain Lancel. Remerciements : Mme Albert Tournier et Sœur Marie-Claire-Denys (photos de la plaque) ; Mme Françoise Gerardo, copie du plan de 1893 (Dossier du Pré-inventaire) ; Dr Jean-Luc Boucher, Fonds Delaville (manuscrits privés) ; Secrétariat de mairie. Crédit photographique : Ghislain Lancel (18/02/2009).
Première publication le 5 janvier 2009. Dernière mise à jour de cette page, le 10 janvier 2016.