Patrimoine et Histoire de Champfromier, par Ghislain LANCEL

Famille : Mermety (Mermet)

 

Mermety de Montarfier (pour info, pour ses liens avec Champfromier, Ain)

Blason Mermety

Le Château de Montanges (Ain), eut de nombreux propriétaires, dont les Mermet (attestés en 1580).

La famille Mermet eut toutefois des possessions à Montanges (Ain) dès le XVe siècle puisque l'on relève qu'un Antoine, fils de feu Pierre Mermet de Montanges, est ordonné clerc en 1443 [Visite pastorale de Montange], puis "l'acquêt d’une meix et maison à Montanges par Pierre Mermet, bachelier en décret" en 1471 et le "rachat d’une pièce de pré à Montanges par Nicot et Henri Mermet" en 1499 [AD21, E1363]. C'est après qu'Henry Mermet (décédé en 1662) ait acquis Virignin (Montarfier) que le nom de Mermet s'est anobli en Mermety (avec un blason [ci-contre, AD21, E1363] et noblesse reconnue en 1698).

Cette famille Mermety est principalement connue par l'épisode du brave capitaine Brunet (Anthoine Brunet, époux en secondes noces de Jeanne Mermety) venu mourir chez son beau-père Mermet en son château de Montanges après une picorée en 1639.

Complément à Champfromier (village voisin de Montanges) : La Combe d'Evuaz, par MC Vandembeusche (pp. 62-63).

 

Généalogie abrégée (d'après Marie-Odile Mermet-Gay)

(?) Johannis Mermeti, propriétaire à Champfromier. Un Jean Mermet possédait en 1443 des terres à Monnetier (Champfromier) non loin de la Volferine (En Massans, etc.) [Arch. Diocèse (Bourg), 470/13]. Dans la mesure où l'on retrouvera en 1658 la famille étudiée ici comme se dépossédant de moulins à proximité, ce Jean Mermet pourrait bien en être l'ancêtre le plus ancien connu, ayant eu pour fils un autre Jean (a) ci-dessous...

Jean Mermet (a) (né vers 1450), dont :

Henri Mermet (b) (né vers 1475, il épouse Andrée Perrucard le 27/01/1499), dont :

Jean Mermet (c) (né vers 1510, époux Berrod), dont :

Philibert Mermet (d) (1547?-1597, époux Rolande Duraffour), dont :

Louis (d2) Mermet (1577?-1642?, époux Clerc), dont :

Henry Mermet/Demermety (f) (1612?-1662), époux Jeanne-Marie Blanc, dont postérité suit (f1 à f4) :

Claude-François (f1), Joseph (f2) (époux Gras), Honoré (f3) (époux Jacquin), Antoine (religieux de Chézery puis prieur de Laferté su Aube), et Claude (f4) (époux Maignien, dont postérité (f5), ces deux derniers avocats au Parlement de Dijon, et autres.

Joseph (f5), fils de Claude, substitut du Procureur Général de la Chambre des Comptes de Dijon, époux Marguerite Morelet,

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Pierre-Antoine (g) (autre fils de Philibert, 1580?-1666, époux Faissier de Ruffieu), dont :

Pierre (h), sieur de Bessey (époux Prost), dont Barbe.

 

Compléments Mermety (Relevés Ghislain Lancel)

Jean Mermet (a). En 1485 l'église de Montanges est agrandie de deux chapelles, dont celle de Ste-Anne et St-Sébastien (protecteur des pestiférés) par la famille Mermet, alors que la peste sévissait à l'état endémique [Pré-inventaire, p. 231-232].

Jean Mermet (c). Il est nommé notaire de Montanges en Bugey, par lettres de François de Lorraine, duc de Guise, gouverneur du Dauphiné et de Savoie, en 1551 [AD21, E1363].

Philibert Mermet (d). Notaire de Montanges en 1567, puis lettres de provision de l'office de curial et scribe de la justice de Sain-Germain de Joux et de Montange, par le prieur de Nantua, le 30 juillet 1568 [AD21, E1363]. Datation gravée 1584 apposée au blason M (Mermet) de la cheminé du château de Montanges. Philibert Mermet est mort le 1er avril 1599. Sa femme semble fille de Guigne Durafour [AD39, 2H 442].Il est donné pour châtelain de Chézery [BG, Duraffour, p. 59].

Pierre (d1), curé de Champfromier. Il est né vers 1590, ayant eu pour tuteurs, Messire Jean Mermet, archidiacre en l’église cathédrale St-Jean-Baptiste de Belley, et Me Louis Mermet, de l’année 1597 jusqu’en 1615, et il obtient contre eux des lettres de restitution de biens en 1620, étant alors prêtre, curé de Champfromier [AD21, E1364]. Compléments.

Louis (d2). En 1603, Loys Mermet de Montanges, est châtelain des montagnes de la terre de Nantua. Il est aussi châtelain de Chézery en 1601 [AD01, 3E 17035], en 1610 [Cure, notaires, f° 30 (31 décembre 1610)], en 1635 (7 mai et 8 juin), témoin qui signe "LMermetj" [AD01, 3E 17050b, f° 244v et f° 257] et en 1636 [AD01, 3E 17051a, f° 157].

Loys Mermet, châtelain des montagnes de Nantua, exerce comme un juge dans une affaire de dîme à la Combe des Vua en 1605 [AD01, H63]. En 1624, il est parrain à Champfromier. Louys est fermier des servis de 1618 à 1636 [H 65 (Henry, châtelain de Montanges, son fils, en donne quittance en 1657 aux communiers de Champfromier)].

Henry Mermet/Demermety (f). Henry Mermety, présumé né vers 1612, devient seigneur de Montarfier (Virignin, non loin de Belley), en tant qu'héritier universel de Madeleine Passerat, son neveu, seconde épouse, veuve et héritière testamentaire de Messire Claude de Montillet, en son vivant avocat, premier président en l'élection du Bugey, seigneur de Montarfier, Virignin et du Châtelard, Henry Mermety faisant un dénombrement de Virignin en 1657 et 1658 [Baux, nobiliaire de 1864, p. 101 (voir détails)]. C'est à partir de cet héritage qu'il porte blason d'azur à deux chevrons d'or, et que le nom devient Demermety. Henry achète pour 4.000 livres, deux parcelles du domaine des communiers de Montanges, aux Nerbiers et aux Ramas, le 7 juin 1636 [Manuscrit 172 du fonds Delaville]. Amed Ducret-Prince fait une transaction de 520 livres avec le Sieur Demermety, reçue par Me Genolin, le 6 juin 1647 [3E3894b, f°147v (acte de 1706)]. Il vend une terre de Monnetier, en Presle, à une Mange épouse Grobellet de Montanges, le 25 novembre 1657 [Archives privées]. Il se libéra en 1658 de biens à Champfromier, comme de ces moulins sur l'actuelle Volferine, qui avaient été échangés par les frères Ducret, contre des biens aux Bouchoux de leurs épouses, des sœurs Mathieu. Mais une soulte resta longtemps impayée, et fut réclamée, une génération plus tard, en 1695, avec promesse de payer par Jaques Ducret fils de Roland, aux frères François [Claude-François] et Joseph Mermety, frères enfants cohéritiers du Sr Henry Mermety de Montanges, vivant seigneur de Montarfier [3E 14277, f° 48 de 1695 et 3E 3890, du 25 mars 1697]. Il est mort le 14 et fut inhumé le 15 juillet 1662 dans la chapelle Ste-Anne et St-Sébastien de l'église de montanges (en présence du Sr Mermety curé de Champfromier, son oncle). Francis, fils de noble Henry de Mermety, est tonsuré à Montanges, en 1666 [AD74, 1G115, f° 239v (20 juillet 1666)]. En 1666, Jeanne-Marie Blanc, veuve d'Henry de Mermety, seigneur de Montarfier, comme tutrice de ses enfants, reprend le dénombrement de Virignin [Baux, nobiliaire de 1864, p. 101], et à nouveau en 1669 [AD21, E1364]. Pour confirmation, en 1667, Dlle Jeanne-Marie Blanc, était veuve de Sr Henry Mermety, vivant châtelain de Montanges, en 1667 [25B425 (7 février 1667)]. Ses hoirs avaient un pré à la Combe d'Evuaz, à l'ouest d'une parcelle Pillard rachetée des Perrin de Nantua, cette dernière ayant la Montagne de Chalamoz à l'Est [3E 4906, f° 42v].

Claude-François (f1). Conseiller du roi, contrôleur en la maréchaussée de Bugey, il est l'un des propriétaires importants de la Combe d'Evuaz. En 1685 il avait acheté "Chez Goy" à Nicolas Rey-Grobellet de Monnetier ; il possède le Pré Rond, le Grand Pré et une terre dite En Vannaz ; il tient Buclaloup, le Pré Burn, et les grandes du Nerbier, du Berbois et du Remble ; ces derniers domaines furent loués en 1689 à Jean-Claude Joly dit Ranquin [CI-7365 du fichier généalogique de Chézery], un chézerand [VDB, Evuaz, p. 63]. Sieur Claude-François donne à cens Buclaloup et un domaine venant de Nicolas Rey-Grobellet à la Combe des Vuaz, en 1685 [3E14273, f° 47]. Mention de l'acensement par-devant Me Niger [de Ballon] de la Grange de Prébrun en 1695 [3E3892a, f° 107 (acte de 1700)]. Les frères Claude-François et Joseph, le premier sachant signer "Demermety", sont communiers présents pour une quittance de Chalamont en 1696 [3E3890, f° 60 (12 juin 1696)]. Claude-François et Joseph, font une visite de leur grange de Faix (Montanges) en 1700, avec référence à l’abbaye de St-Marcial d’Avignon [3E 14278, f° 53 du 29 mars 1700]. Le pré appelé "Pré Rian" (avec une maison de bois dont le couvert est à refaire), appartenant au Sr Claude-François Demermety, est amodié à Blanc, sous-amodié (80 livres) à Collet, en 1700 [3E3892a, f° 143v]. Il demeure à Montanges (transfert de 268 livres par Grenard d'Evuaz), en 1701 [3E3892b, f° 120]. Claude-François Mermeti, de Montanges, greffier au balliage de Beugey, intente un procès aux communiers de Champfromier, pour le bois de Buclaloup, en 1705 [3E14279, f° 181 (28 décembre 1705)]. Les prés et arpage du "Sieur Mermety" [Claude-François ?], avec ceux de Pierre Famy, délimitent la Sapelette à l'est (sur Chézery ?), en 1706 [3E17442, f° 95v (11 avril 1706)]. Probablement âgé et décidé à finir ses jours sans soucis de gestion, il donne un bail à ferme de tous ses biens à Montanges (et à Musinens), pour 1.000 livres, le 5 mars 1713 [AD74, 6C 676, f° 138v]. Sans postérité, ses biens seraient passés à son frère Claude. Toutefois, ce qui ne lui avait pas été vendu fut partagé entre ses neveux et petit-neveux, et c'est ainsi que Demoiselle Marie Constantin, veuve de M. Jullie Cullet de Belley se trouva à la tête de Chez Goy et de Buclaloup, et qu'Etienne de Mermety hérita du Remble. Quant aux Grand-Pré et Pré-Rond, ils furent achetés par le Sr Montanier de Belmont [VDB, Evuaz, p. 62-63]. Etienne de Mermety, Conseiller auditeur (...) à Dijon, donne en bail à ferme (600 livres, aux Grenard des Bouchoux) le domaine situé aux lieux des Nerbier, la Combe Froide et le Remble (...), en une seule pièce, rière la terre et seigneurie de Nantua le 23 mars 1781 (Me Maurier, qui renouvelle), et encore le 24 mai 1790 (Me Blanc) [3E17084b, f° 103], et en l'an VIII [3E17090, acte n° 118].

Joseph (f2). Châtelain de Montanges, il a un fils naturel François, baptisé le 16 février 1669 à Montanges, fils naturel de Claudine fille de Claude Gras, laboureur de Montages. Sr Joseph Mermety prête 200 livres et signe en 1693 [3 E 14276, f° 308 (21 décembre 1693)]. Les frères Claude-François et Joseph, sont communiers présents pour une quittance de Chalamont en 1696 [3E3890, f° 60 (12 juin 1696)]. Claude-François et Joseph, font une visite de leur grange de Faix (Montanges) en 1700, avec référence à l’abbaye de St-Marcial d’Avignon [3E 14278, f° 53 du 29 mars 1700]. Acte de visite de la grange nouvellement construite aux Maraits, rière le Grand Crédo, appartenant au Sr Joseph Mermety de Montanges, le 1er décembre 1700 [3 E 17341a, f° 69 ; Mis au tabellion, voir aux AD74, 6C663, f° 436v (vue 959)].

Claude (f4). Me Claude de Mermety, avocat en parlement demeurant à Dijon, héritier de Me Claude-François de Mermety son frère (sans postérité), conseiller du roi, contrôleur de la maréchaussée de Belley, réalise une transaction avec les héritiers de Claude Ducret (subhastation du Plan Tordy en 1684), en 1724 [3 E17073b, f° 243v]. Le Sieur de Mermety [Claude ?] possède des parcelles à Communal, voisines du Champt de la Communaille et de En Lepinouzaz en 1728 [3E17443, f° 146 et 3E17443, f° 146], voisine de Au Champt Fourchut, en 1731 [3E17445b, f° 43]. Il vend pour 1200 livres à un Genolin Pochy Le Pré Brun et le Plans du Turdier, en 1728 [3E17443, f° 197]. Son beau-père lui donne une procuration pour ses affaires aux tribunaux, en 1733 [3E17447, f° 210 (23 août 1733)]. Il représente son beau-père pour une rente de 90 livres en 1734 [3E17447, f° 17 de 1734 (18 février 1734)]. Claude-François Demermety avait vendu les Ramas au Sr Montanier de Seyssel, avant 1733 [3E17447, f° 173 (16 juin 1733)]. Me Claude Demermety, avocat en parlement demeurant à Dijon, est concerné par la délimitation entre ses biens et ceux de la communauté de Montanges à Chalam, de sorte que tout ce qui est au nord et à l'ouest de l'encrène du Bief Brun appartient au sieur Demermety [3E17447, f° 173 (16 juin 1733), et acte de la veille]. Le sieur Demermety possédait encore une parcelle limitrophe semblant à Champfromier, En la Combette (près de Chatey, non loin de Montanges) en 1733 [3E17447, f° 239 (1 er octobre 1733)]. Défendu par Me Jean-Claude Brunet, avocat en Parlement, seigneur des maisons fortes d’Oyonnaz et de Marchon, Me Claude Demermety, avocat en Parlement résidant à Dijon, son beau-frère (et avec lui Me Joseph Demermety, son fils, avocat en parlement) acceptent les délimitations entre le domaine de Chalam et la grande parcelle Demermety de la Grange du Berbois (A72) en 1733 [3E17447, f° 169]. Au nom de Claude son père, Joseph de Lornay, tous deux avocats en Parlement de Dijon, renouvelle en 1734 le bail à ferme de 1723 de tous les biens de Montanges aux Coudurier Joseph, père et fils [3E17447, f° 141 de 1734 (4 septembre 1734)]. Une terre au "Sr Demermety" est délimitante à "Sous Chathet", en 1735 [3 E17448a, f° 7]. Me Claude Demermety, par son fils Joseph, tous deux avocats en Parlement, redonnent à bail (100 livres) pour 9 années, à Antoine et Joseph Juilland-Claudon, le domaine appelé La Grange de Chathel sur Champfromier et Montanges, en 1736 [3E17448b, f° 244].

Joseph (f5), fils de Claude (f4). Monsieur Joseph de Mermety, sieur de Lornay, avocat au Parlement de Bourgogne, est présent à la prise de possession de la cure de Champfromier par le curé Humbert en 1741 [3E17451, f° 139 (4 mai 1741)]. Il se fait payer 1036 livres de dettes (obligations créées par Claude son père et Claude-François à un Ducret-Charrière), en 1735 [3 E17448, f° 216]. Il semble bien l'époux de Marguerite Morelet et ils auraient eu une fille Marguerite, morte en bas-âge à Chézery en 1746.

Pierre-Antoine (g) et Pierre Mermet (curé de Champfromier, né vers 1575), frères de Louis, achètent 24 seytives de bois [sic] à la Combe des Vuax (Evuaz) moyennant 600 livres [Delaville, Mss 11]. En 1618, Pierre-Antoine Mermet est docteur es droit, juge ordinaire de Cheysery, et il procède depuis Montanges [3E17040 (27 avril 1618)]

Pierre (h) [1600?-1681+, fils de Pierre-Antoine (g)]. Me Pierre Demermet, seigneur de Bessay, et élu en l’élection de Belley, qui avait vendu à deux frères Coudurier, le 15 juin 1677, par-devant Me Delaville, des biens d'une valeurs de 950 livres (lieu non précisé, présumé à Champfromier, sinon à Montanges) qui semblent payés par une rente jusqu'en 1694 (avec l'accord de Dlle Barbe de Mermety, héritière dudit feu de Bessay. Curieusement ces frères Coudurier étaient deux de quatre enfants tous naturels nés entre 1637 et 1644 de Jeanne Coudurier. Le père était-il déjà un Mermety ? [3E17069, f° 449 (15 juillet 1694)]. En 1681, suite à un procès de mainmorte à Champfromier, on retrouve, donnant quittance, Sr Pierre Mermety, Sieur Dubessey, conseiller du Roy et élu en l’élection de Bugey et Gex, acte passé à Montanges chez les hoirs du Sr Henry Mermety, étant présents sieurs Claude-François et Joseph Mermety [3E17441, f° 242 (10 mars 1682)].

 

 

Publication : Ghislain Lancel.

Première publication de cette page, le 23 février 2011. Dernière mise à jour le 6 janvier 2023.

 

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