| Patrimoine et Histoire de Champfromier, par Ghislain LANCEL |
Nos ruches ont maintenant des caissons en bois, aux formes anguleuses, constituées d'un corps (avec une entrée et un plan d'envol pour les abeilles et surtout des cadres rectangulaires alvéolés au désoperculage facilité et de taille standard pour prendre place dans une centrifugeuse). Sur cette base viennent la hausse, un couvre-cadre et le toit.
Jadis nombreux étaient ceux qui diposaient d'un rucher. Leurs ruches étaient confectionnées avec un rondin de paille ou de fibres végétales séchées (clématites). Dans ces modèles anciens, le corps contient le couvain. Légèrement déséquilibré d'un côté en le posant sur deux bâtons rapprochés, l'entrée des abeilles était vite faite ! Au-dessus, une ou deux calottes (dans lesquelles les abeilles construisaient naturellement des rayons parallèles aux alvéoles contenant le miel), communiquent avec le corps par leurs trous centraux.
Les ruches procuraient un apport gratuit en sucre (et en cire) demandant peu d'investissement. Les archives notariales d'actes de Champfromier, conservent le souvenir du soin que chacun mettait à transmettre ses ruches. On en a pour preuve ce testament de Joseph Tavernier, demeurant aux Iles (à côté de la Chaudanne, à la sortie de Champfromier avant Chézery) qui, en 1743, stipulait : "déclare encore qu’il a trois ruches d’abeilles en son abeiller auprès de sa maison, desquelles il en donne une à Marie-Joseph Tavernier [CI-1624], sa petite-fille et fille dudit Claude [CI-878], et les autres ruches à Roland et Claude [ses fils]". Rien ne se perdait, tout avait une valeur, et l'on n'oubliait pas les pauvres : "donne et lègue deux mesures de blé et orge aux pauvres, qui seront converties en pain et qui leur sera livré lors de son enterrement" [AD01, 3E17461 (testament 198)].

Ci-dessus, une ruche traditionnelle ancienne, préciseusement conservée. Si elle est restée à l'état neuf, c'est probablement parce qu'elle fut acquise à l'époque où furent aussi commercialisées les premières ruches modernes (du temps d'Auguste, père d'Olivier, ou de son grand-père, qui habitaient alors à Bière en Suisse, canton de Vaud).
Première parution, le 6 novembre 2013. Dernière mise à jour de cette page, idem.