Patrimoine et Histoire de Champfromier
Par Ghislain Lancel
 Et file la laine ...
 
Rouet

 

Ce rouet appartenait à Maria Julliand, grand-mère maternelle de Mme Micheline Vallet. Elle l’utilisait, comme chaque famille, avec la laine de leurs moutons.Après la tonte, la toison, très sale, était lavée. Le suin, mélange d’excréments et d’autres saletés, était nettoyé avec de l’alcali, une sorte de détergent. On faisait ensuite sécher la laine, là où on pouvait, généralement sur les clôtures et barrières, en longues guirlandes impressionnantes. Ensuite on l’étirait à la main en petites houppes et on la cardait avec une petite machine à main, comportant de nombreuses dents. La soyeuse laine obtenue avec les cardes à main était ensuite transformée en un fil que l’on enroulait sur la roue du rouet. Le fil de qualité servait à réaliser les chaussettes d’hommes, celles qui était très chaudes et que les hommes mettaient dans leurs bottes et chaussures.

La laine des cardeuses sur pied était moins fine, moins aérée ; elle servait à réaliser des matelas. Tous les dix ans environ, suivant la corpulence des dormeurs..., on décousait les matelas écrasés, on recardait la laine et on recousait les enveloppes du dessous et du dessus, puis on maintenait la laine en place en cousant des motifs (losanges ou autres) sur toute la surface.