| Patrimoine et Histoire de Champfromier, par Ghislain LANCEL |
Concernant la commune de Champfromier, les faits significatifs précédant ce recensement de 1861 avaient été l'installation de la Vierge des Géorennes en 1856, vierge sculptée alors par Cubisole (dégradée, on en voit maintenant une copie), et la présence des douaniers qui surveillent maintenant une zone libre élargie à tout le nord de la Savoie (plébiscite de Napoléon III en 1860).
La consultation de ce recensement présente une particularité bien ennuyeuse, à savoir que les numéros individuels recommencent à 1 avec chaque haut de page ! Par rapport au précédent (1851), tous les Julliand du chef-lieu sont maintenant orthographiés Juilland (et les Génolin se transforment en Jénolin, mais pour ce patronyme, l'acception ne perdurera pas) ; d'autres notations surprennent le lecteur, comme les prénoms Entoinette, Fransine, Sélina ou Ipolithe ! Mais le rédacteur change pour Communal, et les Juilland redeviennent des Julliand, mais pas toujours, ainsi qu'on le constate avec Joseph Juilland ce père dont tous les enfants de la page suivante sont des Julliand !
Les Chefs de ménage sont mentionnés, mais si un responsable de maisonnée est célibataire, alors il n'est dit que Chef de famille !
Ce recensement se caractérise aussi par ces bergers et bergères, très jeunes enfants (dès 9 ans). Ils sont probablement des enfants de la charité, placés par les hospices de Lyon, mais le qualificatif a changé depuis le recensement de 1851 ! On relève aussi les premières fromagères, des femmes adultes cette fois. A signaler aussi la présence de deux horlogers et de quatre ouvrières en soie travaillant ensemble au Pont d'Enfer.
L'itinéraire retenu en 1861 neressemble ni au précédent de 1851 ni à celui de 1841. On commence cette fois par la Caserne et on relève logiquement la Rue de l'Eglise en commençant par le sud, on rejoint ensuite la Rue de la Fruitière, qui est recensée jusqu'au sud. On revient ensuite pour traiter le Vieux-Bourg (et Sous-Balme). Le Bordaz est parcouru logiquement depuis le sud et est suivi des granges éparses et en direction du Dière et jusqu'au Sapin. Communal commence par la Rue du Dière et se fini par la Rue des Sanges. Vient ensuite Châtey puis la Combe du Collet. L'itinéraire renvient ensuite au Pont d'Enfer, du sud au nord, puis rive gauche (Chemin de Ménéchar). Viennent ensuite les granges éparses de Monnetier (Poisey, Les Iles, Sur les Prés, Berny, Potachet) puis Conjocle mais d'ouest en est, les environs de Moulin-Dernier et enfin le hameau, en commençant par la Rue du Bas et Monnetier-Rue, puis le Crêt. La Combe d'Evuaz vient en fin, confusément mais grossièrement du nord au sud...
Le document est signé du maire, Ducret, le 18 juin 1861, mais il fut évidemment exécuté précédemment (Antoine Godet étant dit âgé de 14 jours, il suffirait de connaître sa date de naissance exacte pour déterminer la date réelle du recensement (mais l'enfant n'est pas né à Champfromier).
Le récapitulatif mentionne 1053 habitants, dont 807 agglomérés, avec la répartition approximative suivante : 165 Chef-lieu + 122 Pont-d'Enfer + 38 Bordaz + 90 Communal + 202 Monnetier + 44 Conjocle + 7 Sous-Balme + 139 Evuaz + 28 Combe du Collet. On relève 225 habitants éparses, un nombre important !
La Combe d'Evuaz est particulièrement bien peuplée, les familles nombreuses et les enfants en grand nombre ! A noter que les prénoms de leurs enfants ne manquent pas d'originalité !
Les professions sont à observer avec prudence, puisque environ 700 personnes de tous âges n'en ont pas de mentionnée ! Pour les autres, on relève, par ordre alphabétique, 3 aubergistes (dont un aubergiste-scieur !), 10 bergers ou bergères âgés de 9 à 13 ans et dit le plus souvent "attachés à la maison", 1 cafetier, 1 cantonnier, 1 commissionnaire, 3 cordonniers, 1 couturière, 239 cultivateurs, 1 curé, 1 débitant de tabac, 28 domestiques, 12 douaniers (un brigadier, un sous-brigadier et un pensionné), 1 épicier, 5 fermiers dont quatre au Collet et un au village, 3 "fille(s) à la maison" et 1 garçon à la maison, 5 fromagères dont une à communal et les autres habitant au village, 1 garde-champêtre, 3 gardes-forestiers, 2 horlogers, 3 instituteurs (un homme au village, une femme à Sous-Balme et une autre à la Combe d'Evuaz), 5 journaliers, 1 marchand, 3 maréchal-ferrant ( Pont d'Enfer, Monnetier et Evuaz), 3 meuniers au Pont d'Enfer (un homme, une femme et une meunière/sage-femme !), 4 ouvriers (cordonnier, journalier, menuisier et tailleur de pierre), 4 ouvrières en soie, 1 rentier, 1 retraité, 1 sage-femme (sans autre profession), 1 tailleuse (d'habits), 1 tourneur.
L'âge moyen des personnes recensées monte un peu (par rapport au recensement de 1851), atteignant de 32,5 ans. Mais il est encore plus hétérogène (écart-type de 22,3 années). Le doyen est devenu Joseph DUCRET, lui aussi de Monnetier, âgé de 94 ans.
Le nombre moyen d'habitants par famille, ou par feu comme on disait sous l'Ancien Régime, est de 4,08, un chiffre en baisse sensible par rapport au précédent recensement (4,56 en 1851) .
La numérotation individuelle est reconstituée par numéros croissants. Les distinctions entre les numéros de maisons sont parfois imprécises, une accolade n'englobant que partiellement une ou plusieurs familles, quelques erreurs ne sont donc pas à exclure dans les fichiers.
Remerciements. Réalisé en mairie de Champfromier par Ghislain Lancel durant les années 2007/2008. Remerciement aux deux secrétaires de mairie, pour leur accueil toujours bienveillant.
Dernière mise à jour de cette page, le 22 janvier 2008.