| Patrimoine et Histoire de Champfromier, par Ghislain LANCEL |
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Sur la photo attribuée à Mr Chapuis, après grossissement, on distingue des planches appuyées sur la façade de la maison Nicollet. La remise n'est pas construite, la porte de la cuisine actuelle n'est pas encore percée, l'entrée se faisant côté route RD 14 (porte existante). Ces planches disparates ne peuvent pas appartenir à la scierie Ducret Cyrille. Dépareillées, elles ont sûrement fait partie du chantier de construction de la maison. D'ailleurs, tout l'intérieur de celle-ci est en bois, planchers comme cloisons.
L'extension de la scierie Ducret-Liset, avec appui sur le mur du moulin, n'est pas encore réalisée ; le toit du moulin est en place. Les dates du permis de construire (1890) et du déménagement (1895) dateraient la photo des années 1893 à 1894.
Les transactions, les travaux de démolition et l'extension de la scierie venant prendre appui sur le mur du moulin ont bien pris quelques années, ce qui supposerait une date de transformation autour des années 1900. Le pignon du moulin a été rasé pour couler une dalle, le local ainsi créé sur les ruines servant de salle d'affûtage de la scie Ducret-Liset.
N° 274 : Nicollet César Auguste ; N° 236 : maison Evrard complètement enclavée ; N° 237 : scie Ducret-Cyrille ; N° 235 ; scie Ducret-Liset.
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A noter :
- le vieux pont d'Enfer (rectangle avec croisillon) est affecté au N° 235, scie Ducret-Liset.
- le N° 235 enjambe la rivière, l'extension de la scie remplace l'ancien moulin.
- rive gauche, l'espace déclassé, entre les N° 237 et 236, (ancien chemin) a fait l'objet d'un reclassement par la mairie aux N° 652 et 653.
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- Construction du pont du tram sur la ligne Bellegarde-Chézery 1907/1912
- Construction du moulin communal (après bien des polémiques) 1904/1912. Actionné par un système de télémécanique, puis par une génératrice électrique.
Il y a peu, discutant du site et de son aménagement avec un ami, ingénieur des Arts et Métiers de Cluny, spécialiste et passionné en génie mécanique, il ne put s'empêcher d'aller explorer les ruines de l'installation.
Au retour, il me fit part de son émerveillement pour le lieu, le choix du site mais surtout pour le trésor que renferme le bâtiment : la dynamo, les mécanismes de commande, la régulation, la turbine « Pelton ». Trésor industriel d'un autre siècle, mémoire d'une technicité qui assura la transition entre la roue à aube et la fée électricité.
Il faut d'urgence mobiliser des énergies pour sauver ce trésor patrimonial, le démonter, l'exposer, le valoriser. La région Bellegardienne n'est-elle pas pionnière pour la mise en œuvre de cette énergie nouvelle ? Il faut agir avant une issue fatale !
Le barrage du Pelan avec sa conduite forcée qui alimente la scie Ducret Cyrille.
La Planchette, raccourci utilisé par les « bigotes » de Monnetier pour se rendre à la messe.
Le Moulin Dernier.
Le Pont des Combettes.
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Rappelons que par un soir glacial de novembre 2013, un incendie gigantesque ravage la scierie à Gugu. Disparition brutale. Majestueuse, elle est partie dans un brasier à la hauteur de sa splendeur.
Miracle le vieux pont est toujours debout. La maison Evrard tente avec courage de résister aux éléments, mais son avenir semble, lui aussi, bien compromis.
Figurez-vous j'ai fait un rêve !
« Un beau matin, ouvrant les volets de la chambre à Martial, quelle surprise, stupeur, que s'est-il passé ?
La maison aux Evrard n'existe plus, dommage, son architecture avait fière allure, elle faisait partie du patrimoine.
Le carrefour si dangereux a été aménagé, un jardinet, quelques arbustes ; on a conservé le mur de l'ancien moulin et le passage couvert sous les arcs, ce promontoire domine les gorges de la Volferine ; un photographe tente de saisir l'instant ou l'eau écumeuse jaillit dans les premiers rayons de soleil.
A la place de la scierie à Gugu, le long du chemin qui monte à l'église, se dresse un magnifique bâtiment. Je dois reconnaître que pour une fois les promoteurs ont pensé à intégrer l'ouvrage dans son environnement. Un toit à quatre pans en tôle zinguée, aux étages un balcon inspiré « des pélets » d'autrefois, au rez-de-chaussée une coursive soutenue par une succession d'arches faisant le pendant aux arches de la maison Evrard.
Devant, une placette pavée, la grande cuve de la fromagerie (*) a été récupérée pour être transformée en fontaine et ce matin, le lever du soleil sur le Gralet fait étinceler de mille feux ce bulbe de cuivre.
Les vestiges de la turbine électrique du moulin, avec tous ses accessoires, patrimoine historique de Champfromier et du Pays Bellegardien, ont été remontés et mis ne valeur sous un abri en harmonie avec l'architecture du lieu ; un tableau pédagogique complète l'ensemble.
Un petit square arboré, quelques jeux pour enfants, des randonneurs en pleine pose ont pris place sur les bancs, entourant le tableau pédagogique ; des touristes, à grands gestes, commentent l'histoire des lieux.
Traversant le vieux pont et longeant la rivière, une allée piétonne a été aménagée. Une rambarde protectrice en fil rond torsadé supporte une ribambelle de jardinières aux géraniums multicolores. Des mères conduisent les gamins à l'école en toute sécurité, elles n'affrontent plus les dangers de la grande route, et quel raccourci pour rejoindre les commerces.
L'ensemble ne manque pas d'allure, j'en reste songeur et émerveillé, le Pont d'Enfer est ressuscité. »
Texte et illustrations : Serge Vallet (15/12/2021). Publication : Ghislain Lancel.
Première publication le 29 décembre 2021. Dernière mise à jour de cette page, idem.